Ou plutôt celle à qui je mens? Que ce soit l'un ou l'autre, la question à poser: la photographie à quoi sert-elle par rapport à la mémoire?
Je suis toujours en train de numériser les photos que j'ai prises en France pendant le dernier mois.
Je met les bandes de pellicule dans le scanneur, qui les lit, en ajustant les couleurs, la lumière, et même la texture tout automatiquement.
Après avoir rangé les photos ainsi numérisées dans iPhoto, il faudrait ensuite que je, avec mes propres yeux, examine chacune de ces images et faire retouches plus fines par Photoshop.
En me demandant: Ces cieux semblaient-ils ainsi blues, quand je les voyais en réalité ? Les bâtiments et les rues étaient-ils si vivants, si nets ?
N'est-ce pas assez ironique, que les photos prises dans la manière très analogique subissent un processus de numérisation qui tripote et « dénature » les images afin de les faire... faire quoi ? Ce n'est pas très clair pour moi.
Que dire maintenant de la « fidélité » ? à la « réalité » ? L'impression du sens non-interprété (quoique typiquement moderne et humain) a-t-elle une place dans la méthode photographique ? Que dire de l'intention ?
Derrida a dit, quand il s'estt présenté dans un portrait par Steve Pyke: « The philosopher should start by meditating on photography, that is to say the writing of light before setting out towards a reflection on an impossible self-portrait. »
07/22/2007
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